đŸŽ™ïžEntretien avec Elodie Manzone, co-responsable mĂ©dias au sein de l’Association romande des assistantes mĂ©dicales


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Voici l'interview en texte

Entretien avec Elodie Manzone, co-responsable mĂ©dias au sein de l’Association romande des assistantes mĂ©dicales

Medpro.ch – Bonjour Élodie et merci d'avoir acceptĂ© notre invitation. Vous avez une riche expĂ©rience du mĂ©tier d'assistante mĂ©dicale, mĂ©tier dont vous dĂ©fendez les intĂ©rĂȘts en s'impliquant au sein de l'association Romande des assistantes mĂ©dicales en tant que co-responsable mĂ©dia. Est-ce que vous pouvez vous prĂ©senter en quelques mots ?

Elodie Manzone – Bonjour CĂ©line, merci de m'avoir contactĂ©e. En effet, je suis assistante mĂ©dicale depuis quelques annĂ©es, puisque j'ai obtenu mon CFC en 2011, donc un peu moins de 15 ans. J'ai fait ma formation dans un cabinet en hĂ©matologie durant les 3 ans d'apprentissage. Ensuite, je suis restĂ©e 4 ans. Et puis j'ai voulu voir d'autres spĂ©cialitĂ©s, d'autres lieux de travail, j'ai fait quelques remplacements. C'Ă©tait le choix que j'avais fait, qui me paraissait le mieux pour dĂ©couvrir un petit peu le monde mĂ©dical.

J'ai travaillĂ© notamment aux urgences du Flon, puis dans un cabinet privĂ© de cardiologie, et en fait je me suis rendue compte que les remplacements ce n’était pas vraiment fait pour moi, dans le sens oĂč il fallait Ă  chaque fois rechercher une place de travail aprĂšs la fin de notre contrat. Pour moi c'Ă©tait un peu trop angoissant, stressant, si je ne trouve rien, qu'est-ce que je vais faire, enfin voilĂ . Alors pour finir je me suis dit non, moi, il me faut un contrat Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e, il me faut quelque chose de fixe et puis j'ai trouvĂ© une place dans un centre mĂ©dical, au CMLO, un centre mĂ©dical Ă  Prilly. J'ai notamment travaillĂ© avec des dermatologues, on a fait de la chirurgie, il y avait aussi une cardiologue, il y a eu de la gynĂ©cologie, de la mĂ©decine gĂ©nĂ©rale, et puis aussi un peu de pĂ©diatrie, de l'endocrino, il y avait le choix disons pour parfaire un peu les connaissances mĂ©dicales. Et puis lĂ  maintenant cela fait par contre 3 ans que je suis au CHUV en pneumologie dans l'unitĂ© de pneumopathie interstitielle et maladies pulmonaires rares.

Plusieurs questions me viennent en écoutant ce joli parcours. Déjà la premiÚre qui est assez standard c'est de savoir ce qui vous attirait dans cette formation, dans ce métier d'assistante médicale ? Qu'est-ce qui vous a poussé à choisir cette voie ?
Alors, ce qu'il faut savoir, et je pense que c'est un peu comme tout le monde, le domaine mĂ©dical me passionnait et me passionne toujours autant. C'est pour ça que j'ai fait le choix de me diriger lĂ -dedans. Je voulais Ă  la base faire assistante vĂ©tĂ©rinaire mais c'est des places trĂšs rares. Enfin bref c'Ă©tait compliquĂ©, je n'ai pas trouvĂ©. Je me suis dit, pourquoi pas je commence par assistante mĂ©dicale et puis au pire je continuerai un autre apprentissage d’assistante vĂ©tĂ©rinaire aprĂšs. Mais finalement, c'Ă©tait bien d'avoir son salaire Ă  la fin du mois, reprendre un apprentissage. Bon, sur le moment, ce n’était pas trĂšs motivant. Et puis, j'ai eu par contre Ă©normĂ©ment de plaisir Ă  travailler en oncologie. C'est vraiment une spĂ©cialitĂ© qui me parle, qui m'a parlĂ© Ă  l'Ă©poque, dans laquelle je me sentais vraiment bien, donc je suis restĂ©e.

Et puis ensuite, j'ai fait mon petit parcours professionnel. VoilĂ , j'ai pris goĂ»t. Il faut dire aussi que la formation d’assistante mĂ©dicale offre un panel assez diversifiĂ© sur ce qu'on apprend. On va toucher du laboratoire, apprendre Ă  faire des analyses, les comprendre Ă©videmment. On va faire des soins, des pansements, faire de la radiologie, toucher aussi Ă  la gestion de l'administration du cabinet, donc c'est aussi motivant d'apprendre autant en 3 ans de formation.

D'accord, et aprĂšs c'est vrai que quand on voit votre parcours, vous avez touchĂ© vraiment Ă  plein de domaines diffĂ©rents. Donc j'imagine qu'aprĂšs vous avez parfait vos connaissances. Vous avez aussi travaillĂ© dans des structures trĂšs diffĂ©rentes : cabinets, centres mĂ©dicaux, permanence d'urgence... J'ai envie de vous demander qu'est-ce que vous y avez appris peut-ĂȘtre ? Et puis, quelles sont les plus et les moins de ces diffĂ©rentes structures ?
GrĂące Ă  ce parcours, je me suis rendu compte que je prĂ©fĂ©rais ĂȘtre dans des petites Ă©quipes plutĂŽt que des grandes Ă©quipes qu'on peut trouver dans les centres mĂ©dicaux. On peut vite ĂȘtre une dizaine d'assistantes mĂ©dicales. Moi, c'est ce qui me convient le mieux, d'ĂȘtre dans une petite Ă©quipe. AprĂšs, chaque spĂ©cialitĂ©, en fait, a son cĂŽtĂ© positif ou nĂ©gatif. J'ai beaucoup aimĂ© les urgences, parce qu'on voyait des choses vraiment extraordinaires qu’on ne voit pas, par exemple, en oncologie. Mais, en mĂȘme temps, en oncologie, dans ces spĂ©cialitĂ©s oĂč l'on voit rĂ©guliĂšrement les patients, on a un lien, on s'attache avec eux, parce qu'on les voit pratiquement chaque semaine. Aux urgences typiquement, ou pour un suivi dermatologique, on voit les patients une, deux fois peut-ĂȘtre, mais ça s'arrĂȘte lĂ . Donc aprĂšs, c'est vraiment propre Ă  chaque assistante mĂ©dicale, chaque personne, on souhaite Ă©tablir un lien avec le patient, ou pas, simplement.

AprĂšs, je pense qu'il y a un aspect aussi Ă©motionnel Ă  gĂ©rer. Quand on s'attache Ă  un patient, peut-ĂȘtre un jour ou l'autre, il est guĂ©ri et il s'en va. Je pense qu'il y a cet aspect Ă©motionnel Ă  gĂ©rer dans ce mĂ©tier.
Aussi. Mais, il faut aussi se dire que des fois ils ne guérissent pas et on doit pouvoir se mettre un bouclier pour se protéger. Créer un lien c'est bien, mais il faut la bonne intensité dans ce lien c'est à dire qu'il peut se rompre à chaque instant Surtout dans l'onco-hémato ou pour ma part, celle qui me parle le plus. Bien sûr, du jour au lendemain, on vous annonce que votre patient est décédé. C'est la réalité du terrain et il faut savoir se préserver émotionnellement. Mais il y a aussi des trÚs bonnes choses qui se passent également.

Oui, je n'en doute pas. Et aujourd'hui, vous travaillez dans une unité au nom un peu mystérieux, la pneumologie interstitielle. En quoi ça consiste exactement ? Et aussi, quelle est votre fonction dans cette unité ?
Alors, en fait, dĂ©jĂ  interstitielle, c'est vrai que ce n'est pas un mot qu'on a l'habitude d'entendre. C’est assez simple Ă  comprendre. Interstitiel vient de l'interstice, en fait c'est le tissu qui est en l'occurrence dans le poumon. Donc des fois, il ne se dĂ©veloppe pas comme on aimerait, pas correctement, il y a des petits bugs, on va dire ça comme ça. On va voir notamment les fibroses pulmonaires dans cette unitĂ©, des pneumopathies d'hypersensibilitĂ©, c'est-Ă -dire quand on est en contact avec des antigĂšnes, ça peut ĂȘtre typiquement des moisissures, ça peut ĂȘtre des plumes, ça peut ĂȘtre certaines choses qui vont crĂ©er une inflammation Ă  cet endroit-lĂ  dans le poumon, qui vont s'enflammer, bref il y a toute une Ă©volution. Donc ce genre de pathologie, c'est ce qu'on voit dans l'unitĂ© mais il y a aussi des maladies pulmonaires rares comme la sarcoĂŻdose. Qu'est-ce qu'on peut trouver encore ?

En fait, c'est une unité dans laquelle vous vous occupez de tout ce qui traite un petit peu aux maladies des poumons, j'ai l'impression.
Voilà, exactement. Tout à fait ça.

Et donc dans cette unité finalement en hÎpital, vous avez trouvé la bonne taille d'équipe ? Vous disiez que vous aimez les petites équipes, mais pour autant des fois dans les cabinets médicaux on est toute seule ou vraiment en trÚs petite équipe, donc ça c'est un peu le juste milieu pour vous ?
C'est étonnamment le juste milieu parce que dans un hÎpital on est énormément, mais dans notre unité on est finalement 4. Mais en collaborant avec des médecins assistants, des chefs de clinique. Et puis par contre, dans mon rÎle, je suis toute seule. Donc, je m'organise comme je l'entends. Ce qui est plus facile aussi à anticiper les choses, à s'organiser quand on est toute seule, c'est des fois, c'est beaucoup plus simple. Et c'est ce qui me convient aussi.

D'accord, c'est intéressant. Donc trouver finalement une organisation autonome dans une équipe...
Exactement ça. Je suis trÚs autonome dans les tùches que je dois faire, mais je suis toujours en collaboration avec les médecins autour de moi. Et c'est ce qui me convient.

Merci beaucoup pour toutes ces informations sur votre parcours. Donc je l'ai dit en introduction, vous ĂȘtes Ă©galement co-responsable mĂ©dia au sein de l'Association Romande des Assistantes MĂ©dicales, donc l’ARAM. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment vous avez rejoint l'association, pourquoi vous l'avez rejointe et pourquoi aussi plus spĂ©cifiquement dans cette fonction de co-responsable mĂ©dia ?
Alors, c'est tout simple. AprĂšs mon CFC, j'avais besoin de me lancer un nouvel objectif. Juste travailler et rentrer chez moi, ce n'Ă©tait pas trĂšs motivant. VoilĂ , il me fallait un petit challenge en plus. Je me suis dit, bon, est-ce que je reprends une autre formation ? Est-ce que... Dans quoi je m'engage ? Et puis, j'avais entendu dire lors d'une formation organisĂ©e par l'ARAM Ă  l'Ă©poque, qu'ils recherchaient du monde dans l'Ă©quipe rĂ©dactionnelle du journal. Étant donnĂ© que j'aime Ă©crire, je me suis dit, allez, pourquoi pas, je tente, on verra bien. Au pire, je pars, si vraiment ça ne me convient pas. Et lĂ , ça fait depuis neuf ans. Neuf ans que je suis lĂ , donc ça m'a plu effectivement. Mais par contre, j'ai commencĂ© Ă©videmment comme rĂ©dactrice de petits articles. AprĂšs, Ă  chaque fois de plus en plus grand, plus de responsabilitĂ©. Et puis maintenant, effectivement, je suis responsable mĂ©dia et je collabore avec une collĂšgue qui est journaliste professionnelle, pour laquelle on se partage certaines tĂąches.

D'accord. Donc votre rÎle consiste principalement à écrire pour quels médias ?
Alors, le magazine de l’ARAM, je collabore avec la journaliste pour certains articles. Il y a des articles, c'est propre Ă  elle parce que c'est quand mĂȘme son mĂ©tier. Je ne me considĂšre absolument pas comme journaliste, Ă©videmment. Il faut savoir qu'on part, en fait, d'une feuille blanche et Ă  nous d'inventer, Ă  nous d'ĂȘtre en lien avec l'actualitĂ©, d'essayer de rĂ©pondre aux attentes de nos membres, qu'est-ce qu'ils attendent, de faire passer certains messages, certaines informations importantes aussi. Sinon, il y a tout ce qui est rĂ©seaux sociaux, Facebook, Instagram, LinkedIn, oĂč on informe nos membres, ou nos membres aussi, en tout cas ceux qui nous suivent, des actualitĂ©s de la formation, d'apprentissage, de nos formations continues, etc. Et la derniĂšre chose, c'est le site, notre site internet aussi, oĂč on fait passer Ă©galement toutes ces informations.

Ok, c'est intéressant. Et ce qui est intéressant aussi, c'est que votre co-responsable, vous l'avez dit, elle est journaliste, donc elle n'est pas assistante médicale.
Exactement, parce qu'elle répond vraiment à comment communiquer dans les médias. Chose qu'en tant qu'assistante médicale, c'est pas du tout de notre ressort. On est bien d'accord. Mais avec mon expérience d'assistante médicale, mes connaissances, je sais ce qu'il faut plus ou moins viser, ce qui est intéressant, ce qui est important de relever. Donc effectivement, on est complémentaires.

Vous formez une bonne équipe.
VoilĂ , exactement.

Et comment est-ce que vous rĂ©partissez votre temps entre votre emploi d'assistante mĂ©dicale et cette fonction au sein de l’ARAM ?
Alors lĂ , je travaille Ă  80% Ă  l'hĂŽpital. Tout ce que je fais pour l'ARAM, il faut bien se rendre compte que tout le comitĂ© de l'ARAM, en fait, est bĂ©nĂ©vole. Donc c'est sur notre temps libre. À nous de nous organiser entre la vie professionnelle, la vie privĂ©e, les enfants, les engagements, nos moments Ă  nous. Contrairement Ă  ma collĂšgue qui est journaliste, elle, par contre, elle a un contrat d'employĂ©e. Donc ça change un peu la donne. Donc effectivement il faut s'organiser. Moi j'ai peut-ĂȘtre tendance Ă  travailler plus le week-end ou mes jours de congĂ© ou le soir alors qu’elle c'est un jour bien prĂ©cis dans la semaine. VoilĂ , on ne travaille pas aux mĂȘmes horaires mais ça fonctionne.

TrĂšs bien et c'est Ă  peu prĂšs combien d'heures par semaine ?
Alors ça va, il y a énormément d'informations à transmettre. Effectivement, quand on vient de finir de boucler le magazine, c'est un peu plus light. On a un peu plus de temps libre, donc on fait moins d'heures. Et inversement, quand on est en plein dans le boom du magazine, qu'il faut corriger les articles, voilà, ça nous demande un peu plus. Je dirais qu'on varie à peu prÚs, on va dire, une moyenne de 20%. D'accord.

Donc, ça comble bien votre 80%.
Exactement.

Comme vous le savez, la derniĂšre personne qu'on a interviewĂ©e s'appelle NoĂ©mie. Elle Ă©tait l'auteur, l'autrice d'une lettre ouverte qu'elle a envoyĂ©e Ă  plusieurs entitĂ©s, dont l’ARAM. Comment avez-vous rĂ©agi Ă  cette lettre ouverte ?
Je pense pouvoir parler au nom de tout le comitĂ© ARAM que nous avons trĂšs bien rĂ©agi. Nous avons Ă©tĂ© surpris en bien, comme on dit, de dire mais enfin, il y a une assistante mĂ©dicale, un Ă©norme signal d'alerte en disant eh lĂ  ça va pas il y a un souci. En plus, elle a Ă©crit une lettre vraiment formidable. C'est trĂšs trĂšs bien Ă©crit pour ceux qui ne l'auront pas lu, elle est sur notre site internet sauf erreur aussi sur le site de l'ASVM. N'hĂ©sitez pas Ă  la lire parce que vraiment elle reflĂšte en fait la rĂ©alitĂ©, elle reflĂšte je pense ce que beaucoup d'assistantes mĂ©dicales pensent, ce que nous pensons en tant que comitĂ© de l’ARAM mais en tant qu'assistantes mĂ©dicales aussi. Elle dĂ©crit malheureusement la rĂ©alitĂ© en fait.

Elle a osé, en fait, elle a osé...
Elle a osé et bravo.

Vous avez l'espoir que ça fasse bouger les choses ou comment
 ?
Alors, effectivement, on a eu l'espoir que ça fasse bouger les choses. On a d'ailleurs rĂ©pondu Ă  cette lettre. Donc, vous trouverez la rĂ©ponse aussi sur notre site internet. Ou sur les rĂ©seaux. VoilĂ . Ou sur les rĂ©seaux sociaux Ă©galement. On a Ă©galement mis en place un sondage, en fait, qui peut ĂȘtre anonyme ou non, Ă  la personne de choisir pour qu'elle s'exprime en fait sur ce qu'elle vit aussi au cabinet suite Ă  la lettre de NoĂ©mie. GrĂące Ă  ça, il y a quelque chose en cours, je ne peux encore pas en parler parce que c'est encore confidentiel, mais je ne peux que vous encourager encore Ă  rĂ©pondre Ă  ce sondage parce que plus vous ĂȘtes nombreuses Ă  y participer, plus on pourra faire un gros dossier.

C'est un sondage qui s'adresse aux assistantes médicales ?
Essentiellement. Mais aussi aux mĂ©decins, parce que les mĂ©decins ont aussi leur mot Ă  dire, Ă©videmment. C'est aussi leur rĂ©alitĂ©. Peut-ĂȘtre qu'ils ont une vision totalement diffĂ©rente de la nĂŽtre, ou peut-ĂȘtre pas. Ça peut ĂȘtre ouvert au... C'est ouvert Ă  tout le monde, en fait, dans le sens oĂč, mĂȘme si c'est quelqu'un qui est du mĂ©dical, mais pas sans mĂ©dical, on l'encourage Ă  rĂ©pondre, que ce soit une secrĂ©taire, une masseuse, quelqu'un qui a un lien avec ce que NoĂ©mie a dĂ©crit. Ça peut ĂȘtre des patients aussi, peut-ĂȘtre que certains patients ont vu qu'il y a du personnel non formĂ© dans les cabinets ou encore, je ne sais pas, le conjoint d'une employĂ©e assistante mĂ©dicale, par exemple, qui se rend compte qu'en fait qu’ĂȘtre assistante mĂ©dicale c'est stressant, c'est Ă©puisant. L'idĂ©e, c'est vraiment d'avoir beaucoup de retours. Plus on a de retours, plus on peut faire quelque chose.

Donc j'espÚre que toutes les personnes qui nous écoutent se précipiteront pour répondre à ce sondage.
J'espĂšre. En tout cas, sachez qu'il y a quelque chose en cours par le comitĂ© de l’ARAM. On verra oĂč ça dĂ©bouche. Malheureusement, on n'a pas de pouvoir magique, mais voilĂ , on fait tout pour que ça fasse bouger.

Et ce sondage, il est Ă  remplir jusqu'Ă  quand ? Est-ce qu'il y a une date limite ?
On n'a pas mis de date limite parce que pour l'instant, c'est tout frais. Et je pense que peut-ĂȘtre certains mĂ©decins, certains employeurs, certaines employĂ©es, ont peut-ĂȘtre une solution Ă  proposer qu'on pourrait mettre en place. Mais peut-ĂȘtre que ça peut ĂȘtre dans deux mois, trois mois, ça peut ĂȘtre demain. Enfin, pour l'instant, il n'y a pas... On est ouvert. Participez, on ne va pas laisser ouvert des annĂ©es, Ă©videmment, mais pour l'instant c'est tellement frais qu'on a dĂ©cidĂ© de pas mettre de date de fin.

Et puis là vous avez dit qu'il y a quelque chose qui est en cours de préparation sur lequel vous ne pouvez pas encore communiquer. Quand est-ce que vous pourrez communiquer à ce sujet ?
A la mi-septembre !

Ah c'est bientĂŽt !
Il devrait y avoir quelques petites donnĂ©es, petites informations qui pourront ĂȘtre communiquĂ©es gentiment. Mais aprĂšs on verra quel avenir nous rĂ©serve le projet qui est en place.

Fantastique, on le sait, la lettre ouverte de Noemi était trÚs explicite à ce sujet. Les conditions actuelles de travail pour les assistantes médicales sont compliquées. L'une des possibilités qu'on a évoquées déjà plusieurs fois dans ce podcast pour évoluer dans le métier d'assistante médicale c'est de faire le brevet fédéral de CMA, donc coordinatrice en médecine ambulatoire, et c'est la voie que vous avez choisie. Donc c'est intéressant, vous allez pouvoir nous en parler. Comment avez-vous décidé de suivre cette formation complémentaire ? Qu'est-ce qui vous a motivé dans cette direction ?
Alors c'Ă©tait un peu lors d'une pĂ©riode de doute, de remise en question. Est-ce que je continue d'ĂȘtre assistante mĂ©dicale ou pas ? Est-ce que je change de mĂ©tier ? Est-ce que je change juste de place ? Est-ce que je change de domaine totalement ? VoilĂ , il y avait aussi le souhait de fonder une famille qui arrivait Ă  ce moment-lĂ . J'ai pesĂ© le pour et le contre de me dire si j'entame une nouvelle formation et que d'un coup un bĂ©bĂ© arrive, je n'ai pas envie de commencer une nouvelle place et d'ĂȘtre tout de suite en arrĂȘt maternitĂ©. Ce n'est pas le but. J'ai mis quand mĂȘme le temps pour y rĂ©flĂ©chir. Bien peser le pour et le contre, comment on pouvait s'organiser aussi avec mon mari, si un bĂ©bĂ© arrivait, mes cours en mĂȘme temps, mais comment ça se passe... Enfin voilĂ , il a fallu un peu penser Ă  tout. Et puis je me suis dit, ben voilĂ , je suis assistante mĂ©dicale depuis tant d'annĂ©es, j'ai pas envie non plus de tout mettre Ă  l'eau, ce que j'ai appris. Je me lance dans le brevet. Au pire, ça me fera une expĂ©rience. Et au mieux, ben je reste lĂ -dedans. Donc j'ai commencĂ©, je l'ai eu, j'ai eu mon brevet en 2020.

Ma premiĂšre question, c'est parce qu'on en avait discutĂ© justement, je crois, avec NoĂ©mie, de savoir que ce brevet, il peut, pour certaines personnes ĂȘtre inaccessible du point de vue financier. Alors vous, comment est-ce que vous avez rassemblĂ© l'argent nĂ©cessaire pour le financer ?
Comme la plupart, j'ai Ă©conomisĂ©, j'ai mis de cĂŽtĂ©. Effectivement, mon employeur Ă  l'Ă©poque ne voulait pas me le payer, simplement parce que ce n'Ă©tait pas dans leur projet, que c'Ă©tait pour moi un projet personnel. Ils n'en avaient pas l'utilitĂ© aussi, donc je peux comprendre qu'on ne finance pas quelque chose qui ne nous est pas utile. Ceci dit, j'ai quand mĂȘme pu baisser mon pourcentage, donc Ă  l'Ă©poque je travaillais Ă  100%, j'ai pu le baisser Ă  80% pour pouvoir suivre les cours. Donc ça, on a pu par contre s'organiser correctement. Mais effectivement, c'est un certain coĂ»t. VoilĂ .

Mais vous avez pu, en anticipant cette formation Ă  venir, sur les mois ou les annĂ©es qui prĂ©cĂ©daient, vous avez rĂ©ussi Ă  mettre de l'argent de cĂŽtĂ© qui vous a permis de financer ça. Et donc lĂ , on a compris que vous avez pu baisser votre taux de travail Ă  80%. Est-ce que, pour suivre les cours, mais j'imagine qu'aprĂšs il y a des travaux peut-ĂȘtre Ă  faire en parallĂšle des cours, donc ça prend peut-ĂȘtre plus que juste la journĂ©e de cours, comment ça s’organise tout ça ?
Effectivement, il y a une validation pour chaque module, donc un examen Ă©crit. Comme pour chaque examen, il faut rĂ©viser, il faut Ă©tudier, Je ne peux pas donner le nombre d'heures parce que ça dĂ©pend de chacun et chacune de notre facilitĂ© d'apprentissage. Par contre, effectivement, il y a des cas pratiques, toujours selon les modules suivis. De mĂ©moire, j'en ai eu que deux, peut-ĂȘtre trois. Personnellement, du coup, j'ai dĂ» prendre sur mes heures privĂ©es, en fait. Il a fallu que je fasse une Ă©tude avec une patiente. Donc lĂ , c'Ă©tait aussi sur mes horaires libres. Il a fallu que je m'organise aussi avec la patiente, que ses horaires conviennent aux miens. Il a fallu que je prenne sur mes jours de congĂ© aussi ou sur mes jours de vacances. Donc effectivement, c'est des choses auxquelles il faut penser, il faut s'organiser. Si c'est quelqu'un qui se lance lĂ -dedans et qu'il y a des enfants, prĂ©voyez un peu plus de garde. Ne serait-ce que pour vous reposer au bout d'un moment parce qu'il y en a besoin.

Est-ce que vous, vous avez réussi à clore la formation avant la naissance de votre premier enfant ?
Oui. La naissance est faite un peu entre les cours et entre l'examen.

Peut-ĂȘtre la question qui intĂ©resse probablement nos auditrices, c'est de savoir finalement si ce brevet, il a eu les effets escomptĂ©s, c'est-Ă -dire est-ce qu'il vous a permis de faire Ă©voluer votre travail, votre salaire ?
Oui. Alors, je pense qu'il est important de dire que le brevet est encore peu connu en Suisse romande. Il est bien plus connu en Suisse allemande, donc il y a beaucoup plus d'ouverture, les gens connaissent, s'engagent plus, voilĂ . En Suisse romande, c'est encore frais, on peut le dire. Il ne faut pas avoir peur de faire le brevet et de se laisser du temps aprĂšs, de trouver une place dans lequel on peut l'appliquer. Ça peut prendre du temps. Moi, les personnes que je connais avec lesquelles j'ai fait le brevet, certaines ont eu de la chance, elles ont pu rester lĂ  oĂč elles Ă©taient et puis appliquer leurs brevets. D'autres ont dĂ» partir, ont dĂ» prendre un peu plus de temps, faire un peu plus d'expĂ©rience, se battre aussi pour faire connaĂźtre leurs brevets et mettre des choses en place. Il ne faut pas avoir peur de ça et je pense qu'actuellement, c'est le processus normal. Si vous avez de la chance et que vous trouvez un poste dans lequel vous pouvez l'appliquer, c'est super ! Mais ne soyez pas craintive d'attendre un peu. 

Vous ĂȘtes restĂ©e dans votre emploi que vous aviez Ă  l'Ă©poque ?
Non, moi je suis partie... Je suis partie mais aussi parce que j'avais quand mĂȘme de la route entre mon lieu professionnel et ma maison, j'avais un bĂ©bĂ©... Enfin, voilĂ , il y a eu plein de changements Ă  cette pĂ©riode-lĂ  aussi. Donc, j'ai changĂ© de lieu professionnel. Je m'Ă©tais par contre dit que je voulais prendre le temps de trouver une place dans laquelle je pouvais appliquer mon brevet. Je voulais avoir le choix et prendre la dĂ©cision de ce que je voulais obtenir. Donc j'ai eu la chance de pouvoir tomber sur deux annonces, en fait. Et puis, ben voilĂ , il a fallu faire un choix, Ă©videmment. Et je me suis retrouvĂ©e en pneumologie.

Alors oui, il y a des jours oĂč je n'applique absolument pas les connaissances de mon brevet, mais la plupart du temps, oui. En l'occurrence, mon poste fait que je suis responsable de la surveillance biologique et clinique de certains traitements lorsque des patients commencent notamment des antifibrotiques, donc contre les fibroses pulmonaires. C'est une maladie incurable et ce sont des traitements qui peuvent avoir des effets secondaires. Sauf qu'on peut avoir des patients qui n'ont pas de symptĂŽmes de leur maladie mais qui ont des effets secondaires de leurs mĂ©dicaments. C'est difficile de se dire mais je prends quelque chose qui me rend malade alors que si je ne prends pas mon mĂ©dicament, mon comprimĂ©, tous les jours, ben en fait j'ai l'impression que je ne suis pas malade. Il faut, et c'est lĂ  oĂč je mets mes connaissances que j'ai apprises lors de mon brevet, c'est de les convaincre en fait, de leur rĂ©expliquer, pas Ă  part de rĂ©-rĂ©-rĂ©-rĂ©-expliquer encore Ă  quoi ça sert ce traitement, les motiver avec leurs objectifs, tout en respectant les objectifs du mĂ©decin, parce que prendre des traitements c'est bien, mais si le patient veut une certaine qualitĂ© de vie, Il faut que les deux soient compatibles en fait. Donc il y a beaucoup de discussions lors des tĂ©lĂ©phones ou en prĂ©sentiel avec le patient. Et ça c'est quelque chose qu'on apprend typiquement dans le brevet et qui pour moi est juste magique en fait de pouvoir rĂ©pondre aux besoins du patient Ă  ce moment-lĂ . VoilĂ . Et aprĂšs il y a d'autres petites choses que je fais aussi mais c'est propre au type de brevet vu qu'il y a deux voies, gestion et clinique. Donc, ça dĂ©pend du poste aprĂšs dans lequel on Ă©volue, ça dĂ©pend de la place, des tĂąches, enfin voilĂ . Moi, c'est l'une des tĂąches principales, mais peut-ĂȘtre qu'une collĂšgue ayant un brevet aura tout Ă  fait autre chose.

Et donc, vous ĂȘtes satisfaite aujourd'hui de ce choix que vous avez fait de faire le brevet et vous avez vu vos conditions de travail Ă©volué ?
Effectivement. Et plus de responsabilité aussi. Une autonomie, une confiance. Chose que quand on est assistante médicale, on obéit juste finalement à un ordre. On fait, on exécute, mais des fois on n'a plus besoin de réfléchir. Et moi personnellement, c'est ce qui me manquait, c'est de plus avoir cette réflexion en fait.

Et là, vous l'avez retrouvé. Excellent.
Oui.

Si vous deviez nous raconter un souvenir sur votre parcours d'assistante médicale et de coordinatrice en médecine ambulatoire maintenant, qui vous a marqué, enfin voilà, un souvenir qui illustre les raisons pour lesquelles vous avez choisi ce métier. En fait, qui vous rappelle ce que vous aimez dans ce métier. Ce serait lequel ?
Il y en a un, oui, il y en a un que je ressens d'ailleurs assez souvent, c'est une discussion que j'ai eue avec un patient en oncologie, qui a eu un diagnostic qui fait qu'il allait décéder dans les semaines et mois à venir. A chaque fois qu'on lui demandait comment ça allait, c'était toujours ses enfants qui répondaient, lui ne répondait pas vraiment. Et puis ce jour-là, je ne sais pas quelle lubie j'ai eu lors d'une prise de sang de me dire mais en fait moi je veux savoir comment vous, vous allez. Je ne veux pas que ce soit votre famille qui répond à votre place. Vous, comment vous allez maintenant qu'on vous a donné cette nouvelle ? Bien sûr, je vous rassure, je lui ai donné le droit de ne pas y répondre aussi.

Je ne l'ai pas forcé, je ne lui ai pas mis le couteau sous la gorge. Mais il m'a donné une réponse à laquelle je pense souvent il m'a dit mais vous savez en fait la vie c'est comme une tartine de confiture. Une tartine de confiture ah bon ? Expliquez-moi. Il m'a dit, mais vous commencez votre vie, vous commencez à manger votre tartine, vous trouvez que la confiture elle est bonne, vous continuez à la manger, la vie continue, bon des fois il y a un petit peu moins de confiture, c'est un peu plus démoralisant, bon voilà il y a des périodes comme ça dans la vie, puis finalement ben vous croquez un morceau, vous aimez toujours ça, vous continuez de manger votre tartine, puis un jour votre tartine vous l'avez terminée.

Et lĂ  il m'a dit ,moi, j'ai fait ma vie, j'ai mangĂ© ma tartine de confiture et je vais bien et voilĂ . Donc lĂ  c'est quelque chose que... LĂ , je me suis dit, alors une sagesse incroyable et puis lĂ  je me suis dit mais finalement le mĂ©dical, la mĂ©decine c'est pas que guĂ©rir, c'est parce que des fois on ne peut pas guĂ©rir et il faut ĂȘtre clair avec ça, mais c'est aussi accompagner la personne lorsqu'elle ne peut plus guĂ©rir, lorsqu'il n'y a plus de traitement, c'est aussi ĂȘtre lĂ  pour les derniers instants, les derniĂšres semaines, les derniers mois, et puis faire en sorte juste de les accompagner, puis d'ĂȘtre lĂ . Des fois, juste de parler de tout et de rien, et cet Ă©pisode-lĂ , c'est quelque chose qui m'a vraiment marquĂ©e parce que j'ai pas su quoi rĂ©pondre, je vous dis sincĂšrement, je lui ai juste dit merci d'avoir rĂ©pondu, mais waouh ! Et lĂ , je me suis dit, ouais, ce lien, ce type de lien avec les patients, c'est ce que j'aime, c'est ce que je veux.

C'est gĂ©nial. Alors, merci beaucoup pour cet exemple. C'est vraiment, je pense, effectivement, c'est le cƓur de l'humain, de l'humanitĂ© qui est dans ce mĂ©tier, et c'est magnifique. Du coup, j'enchaĂźne maintenant sur la question inverse en fait, c'est-Ă -dire que j'imagine qu'il y a aussi des moments moins chouettes qui vous ont peut-ĂȘtre fait hĂ©siter Ă  quitter, vous en avez prĂ©alablement parlĂ© avant, des moments oĂč vous Ă©tiez moins motivĂ©s, etc. Des moments qui vous ont fait hĂ©siter Ă  quitter la profession, donc est-ce que vous aimeriez en mentionner peut-ĂȘtre un et puis peut-ĂȘtre nous dire qu'est-ce qui vous a finalement fait rester quand mĂȘme ?
Alors effectivement j'ai eu une période de doute. Quand j'ai vécu certaines situations que Noémie, entre autres, a aussi exposé dans sa lettre, je me suis posé la question, bon, je peux changer de lieu de travail, mais je me suis posé la question, est-ce que je change de profession ? Est-ce que je refais une formation dans un autre domaine ? Encore là aussi, poser le pour et le contre.

Je me suis lancĂ©e dans le brevet en me disant, ben, ça va ĂȘtre un petit peu, pas la derniĂšre chance, mais un test dans ma vie de me dire bah on verra oĂč ça m'amĂšne puis si je dois changer de profession bah je changerai de profession mais effectivement il y a des doutes, il y a des questions qui se posent et je pense que malheureusement il y a beaucoup d'assistantes mĂ©dicales qui ont envie de partir, qui veulent partir, qui partent, qui sont parties parce que il y a des soucis sur le terrain que NoĂ©mie a nommĂ©s.

C'est-à-dire beaucoup de responsabilités, la collaboration avec des personnes qui ne sont pas formées, les conditions salariales qui ne sont pas à la hauteur.
Exact.

Les perspectives d'évolution assez faibles.
Alors la perspective, je pense qu’elle n’est pas si faible que ça. Bon, on a le brevet, c'est une chose, mais bon, le mĂ©tier d’assistante mĂ©dicale peut ĂȘtre un tremplin aussi vers d'autres professions. Mais on peut aussi, en tant qu'assistante mĂ©dicale, travailler, on peut travailler dans des cabinets privĂ©s, des centres mĂ©dicaux, les hĂŽpitaux, on peut travailler dans les assurances, on peut travailler dans des laboratoires. Il y a quand mĂȘme un panel assez large, je dirais, on peut retomber sur nos pieds. On n'est pas non plus liĂ©, point liĂ©, une fois qu'on a ce CFC, on peut quand mĂȘme Ă©voluer. Maintenant, effectivement, financiĂšrement, c'est compliquĂ©. La vie a augmentĂ©, le salaire ne suit pas forcĂ©ment. D'ailleurs, pour celles qui l'ont remarquĂ©, l’ARAM faisait toujours des propositions salariales et se mettait un peu sur le mĂȘme niveau que certaines sociĂ©tĂ©s mĂ©dicales. LĂ , ça fait trĂšs peu d'annĂ©es, j'avoue, qu'on a Ă©tabli nos recommandations, mais qui sont quand mĂȘme plus Ă©levĂ©es que celles de certains organismes mĂ©dicaux, certaines sociĂ©tĂ©s, parce qu’en tant qu'assistante mĂ©dicale dans le comitĂ©, on se rend bien compte que ce n'est pas possible d'avoir un CFC et d'ĂȘtre... d'assistante mĂ©dicale et d'ĂȘtre moins payĂ© que quelqu'un qui est simplement vendeuse dans un magasin, par exemple.

Il y a de grosses diffĂ©rences, alors on ne peut pas... On augmenterait bien plus, Ă©videmment ! Je veux dire... VoilĂ , mais il faut quand mĂȘme ĂȘtre rĂ©aliste qu'on n'a qu'un CFC aussi. On ne peut pas demander la lune tout de suite. Il faut monter petit Ă  petit. Il faut savoir aussi que chaque contrat est diffĂ©rent. Il y a des assistantes mĂ©dicales qui ont 4 semaines de vacances, d'autres qui en ont 8. Enfin, voilĂ . Tout ça aussi, c'est Ă  l'assistante mĂ©dicale de se battre lorsqu'elle a l'entretien et de se dĂ©fendre pour son salaire. Mais effectivement, le salaire est bas. Ça, il faut le dire.

Effectivement, comme disait NoĂ©mie, il y a beaucoup de responsabilitĂ©s, de plus en plus, et lorsque les employeurs engagent une personne qui n'est pas formĂ©e, ça sous-entend que l'assistance mĂ©dicale qui est formĂ©e, qui est diplĂŽmĂ©e, qui est compĂ©tente, elle doit rattraper toutes les erreurs de cette personne, en plus de ses tĂąches. C'est chronophage, c'est fatiguant, c'est Ă©puisant, c'est Ă©nervant, et ça ne peut pas continuer comme ça, d'ailleurs, elle a expliquĂ© dans sa lettre, je vais juste reprendre la phrase, elle a citĂ©, enfin elle a dit, j'avais envie de dire au mĂ©decin arrĂȘtez, regardez ce qui est en train de se passer, vous allez nous perdre. Je rebondis sur cette phrase parce qu’actuellement, on n'est plus Ă  « vous allez nous perdre », « vous ĂȘtes en train de nous perdre ». On y est. On n'est plus dans le moment oĂč on tire la sonnette d'alarme. L'accident, il est fait. Maintenant, il faut qu'on rĂ©agisse. Vous ĂȘtes tous en train de nous perdre, les assistantes mĂ©dicales. Il faut maintenant rĂ©parer les dĂ©gĂąts. Il faut rectifier le tir pour Ă©viter que ça se reproduise, que ça continue. Donc j'espĂšre que le projet qu'on a en place avec l’ARAM va vraiment modifier ça.

Il faut aussi... Je ne vais pas parler pour tous les mĂ©decins, mais les mĂ©decins se plaignent que c'est compliquĂ© de recruter des assistantes mĂ©dicales formĂ©es, c'est vrai. Mais il faut aussi comprendre qu'il y a un manque de place d'apprentissage. Donc formez des apprentis, parce que c'est ce qui va vous sauver demain, en fait. Oui, c'est du temps que vous allez consacrer maintenant, peut-ĂȘtre en perdre, mais c'est pour en gagner plus aprĂšs en engageant du personnel qui est formĂ©, pour lequel vous pouvez avoir confiance. Ça, c'est quelque chose, il faut bien ouvrir les yeux lĂ -dessus. Il y a aussi la rĂ©flexion pourquoi vous engagez du personnel qui n'est pas formĂ©. Ça coĂ»te moins cher, oui. À court terme, bien sĂ»r, vous ĂȘtes gagnant. Je comprends et je le conçois qu'une assistante mĂ©dicale peut avoir un certain prix, une CMA aussi. Mais si c'est pour, sur 6 mois, une annĂ©e, engager, rĂ©engager, re-re-rĂ©engager, re-re-reformer, c'est une perte de temps, c'est une perte d'Ă©nergie, c'est aussi une perte d'argent. Donc, il faut peut-ĂȘtre aussi ouvrir les yeux et se dire, mais en fait, engager une personne qui n'est pas compĂ©tente, qui n'est pas formĂ©e, c'est absolument pas sain pour la santĂ© du mĂ©decin, pour la santĂ© des assistantes mĂ©dicales qui travaillent, mais aussi pour les patients parce que les patients, au final, ils vont aller voir ailleurs. Ils vont se faire piquer ailleurs parce que l'assistante mĂ©dicale est incompĂ©tente, elle ne sait pas me piquer, mais en fait, elle ne sait pas que ce n'est pas une assistante mĂ©dicale. Donc, ça ternit aussi notre mĂ©tier. C'est aussi ça qu'il faut se dire. Et forcĂ©ment, quand on entend ça, en fait, assistante mĂ©dicale, non, je n'ai pas envie de faire ça. Donc, les jeunes vont choisir une autre voie.

C'est un cercle vicieux, en fait.
C'est un cercle vicieux, exactement. Mais aprĂšs, je ne mets pas la faute non plus sur les mĂ©decins. Je veux dire, on est aussi, en tant qu'assistante mĂ©dicale, peut-ĂȘtre qu'on a notre part de responsabilitĂ© et on est un peu coupable d'accepter d'avoir des collĂšgues qui ne soient pas formĂ©es. Je pense qu'on a le droit de dire mais non, moi ça ne me convient pas. AprĂšs, l'employeur, c'est lui qui dĂ©cide.

En fait, c'est tout un systÚme qui doit changer. C'est toute une façon de voir les choses qui doit changer probablement de la part de tous les acteurs impliqués.
Ça pourrait peut-ĂȘtre fonctionner il y a 40-50 ans quand le CFC n'existait pas encore. Mais aujourd'hui, ça ne fonctionne plus comme ça. Il faut changer, la sociĂ©tĂ© a Ă©voluĂ©, le mĂ©tier d'assistante mĂ©dicale a Ă©voluĂ©. Il y a beaucoup plus de patients aussi, il y a beaucoup plus de maladies Ă  traiter, beaucoup plus de traitements Ă  savoir, enfin voilĂ . Et Noemi a eu raison.

Et j'espÚre qu'il y aura de l'écho et du changement grùce à sa lettre, mais aussi à tout ce que vous mettez en place et aussi grùce à toutes les assistantes médicales qui nous écoutent et qui auront envie de prendre leur destin en main.
On croise les doigts, soyez courageuses, battez-vous, vraiment c'est... Ça vaut la peine, c'est un mĂ©tier quand mĂȘme beau, qui est complet, qui peut ĂȘtre passionnant, mais battez-vous pour votre place, battez-vous pour votre mĂ©tier.

Merci beaucoup pour cette magnifique conclusion et pour tout cet Ă©change trĂšs intĂ©ressant Elodie. C'Ă©tait trĂšs chouette de vous Ă©couter. Vous ĂȘtes un bel exemple d'une assistante mĂ©dicale engagĂ©e qui reste fidĂšle Ă  son mĂ©tier malgrĂ© les difficultĂ©s et qui fait mĂȘme en sorte d'en amĂ©liorer les conditions de travail. Donc je voulais vous dire bravo pour tout ça.
Merci. Et merci Ă  mes collĂšgues aussi.

On arrive Ă  la fin de cet entretien. Si vous ĂȘtes en recherche d'emploi dans le secteur mĂ©dical, pensez Ă  publier votre CV sur le site medpro.ch. C'est rapide et gratuit et cela vous rend plus visible et facilite vos dĂ©marches auprĂšs des employeurs. Je vous dis Ă  bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode du podcast de MedPro qui plonge au cƓur des cabinets mĂ©dicaux. Au revoir Elodie et trĂšs bonne continuation.
Merci, Ă  vous aussi, au revoir.

Le 12 septembre 2024. Podcast enregistré début septembre 2024.

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